Réseau des Jeunes Féministes d'Afrique de l'Ouest

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Le réseau des Jeunes Féministes d’Afrique de l’Ouest Twitte sur la Covid et les droits des Femmes en Afrique de l’Ouest

Le 15 mai 2020, le Réseau des Jeunes Féministes d’Afrique de l’Ouest, avec l’appui de l’ONG EQUIPOP, a organisé « un Tweet-Up » en vue d’évaluer les conséquences de la COVID-19 sur les droits et la santé des filles et des femmes en Afrique de l’Ouest Francophone.

Des mesures de ripostes risquées pour les jeunes filles

Selon l’UNESCO, à la fin du mois de Mars 2020, 180 pays ont imposé la fermeture des écoles et des universités sur leurs territoires, ce qui représente 87% de la population estudiantine mondiale. Dans les contextes de développement ou de crise humanitaire, les filles peuvent courir un risque accru d’exploitation sexuelle, d’agression ou encore de mariage lorsque les écoles sont fermées. Selon les estimations de l’UNFPA, les mesures de ripostes pourraient causer 7 millions de cas de grossesses non désirées dans le monde. 

C’est pour anticiper et alerter sur ces impacts que le Réseau des Jeunes Féministes d’Afrique de l’Ouest, avec l’appui de l’ONG Equipop, a organisé un Tweet-Up le 15 mai 2020. Le concept était simple : poser une série de questions à 10 minutes d’intervalle sur l’impact de la Covid-19 sur les droits et la santé des femmes et des filles et les réponses apportées. 8 jeunes féministes membres du réseau (Nene Maricou, Antoine Fassou Loua, Cornelia Glele, Dieynaba N’diom, Jonas Kindafodji, Hadja Idrissa Bah, Elysée Leroux, Awa Mah Camara) ainsi que 2 panélistes (Cécile Compaoré Zoungrana, Représentante résidente de l’UNFPA Sénégal et Marie Ba, Directrice du Partenariat de Ouagadougou) ont répondu en live aux questions.

Des premières réponses face aux situations grandissantes de vulnérabilités auxquelles font face les femmes et les filles

En cette période de crise sanitaire, la situation des jeunes filles est critique,  notamment dans  l’accès aux services de santé de la reproduction/planification familiale comme en témoigne Nene Maricou : Avec les difficultés économiques, certains n’ont pas les moyens d’acheter des tickets de consultation, d’autres ont peur d’aller à l’hôpital à cause de la stigmatisation. Des tensions et violences dans certaines familles sont occasionnées par la cohabitation”. L’impact de la crise ne se limite pas à l’accès aux services de santé, pour les femmes la charge domestique et l’insécurité financière se sont accrues. “Les femmes sont plus susceptibles de devoir renoncer à leurs activités économiques en raison de la fermeture des écoles pour s’occuper des jeunes enfants et aussi des malades à domicile. Une situation qui contribue à accroître les inégalités financières” précise Awa Mah Camara. 

Pour Marie Ba, Directrice du Partenariat de Ouagadougou, on a pu constater une recrudescence des violences physiques ou verbales faites aux femmes. L’iniquité dans les taux d’alphabétisation, d’accès à l’information rendent les femmes plus vulnérables. Des solutions sont imaginées dans de nombreux pays. “Beaucoup de pays comme le Bénin ont développé des cours en ligne ce qui est très bien, mais une grande partie des ménages n’ont pas accès à Internet, ni à la télévision. Cette réalité doit être prise en compte lors du choix de méthodes d’apprentissage à distance” ajoute Jonas Kindafodji

Selon Cécile Compaoré Zoungrana, Représentante résidente de l’UNFPA Sénégal, son organisme, comme les autres agences du SNU ont élaboré un plan de continuité des opérations pour reprogrammer les activités et des fonds en réponse aux priorités à la Covid-19. Des fonds substantiels sont à disposition pour répondre aux besoins urgents des femmes. Ils collaborent également avec la Mairie de Fass, les Ministères de la Santé et de la Jeunesse ainsi qu’avec ONU Senegal pour expérimenter une approche communautaire à la Covid-19. Plus de 90 millions de FCFA ont ainsi été mis à disposition pour assurer la continuité des services. 

Pour trouver les meilleures réponses à la Covid-19 les associations et les activistes doivent participer à leur conception

Pour Hadja Idrissa Bah, au temps d’Ebola juste 1% des 129 millions articles s’est intéressé à l’impact du virus sur les femmes. Il faut que les gouvernements et toutes celles et ceux qui ont le pouvoir s’y intéressent. “Nous jeunes n’attendons pas qu’on nous appelle car on a agi en distribuant des kits dans les marchés”.

Marie Bah a invité les homologues féministes, actrices de plaidoyer, femmes ou hommes, à prendre part aux différentes réflexions sur les réponses à la Covid-19 où elles et ils ont toute leur place. Ils et elles ont  besoin d’être soutenu·e·s, leurs voix magnifiées et leurs interventions coordonnées.

Comme le rappelle Elysée Leroux “Le réseau des jeunes féministes d’Afrique de l’Ouest peut jouer un rôle déterminant dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, surtout en cette période de Covid-19. Il suffit seulement de l’impliquer.